La
statue équestre tient un rôle à part dans le domaine de la
Sculpture. C'est la statue d'un personnage monté sur un
Cheval.
Particularité
Elle est réservée aux monarques, aux héros ou aux guerriers conquérants et présente toujours un exercice de virtuosité de l'artiste. De par sa nature, elle ne peut être que très difficilement réalisée en pierre, le
Bronze est donc nécessaire, mais même dans ce métal, sa réalisation tient de la prouesse.Pourtant, le XIX
e siècle a vu des monuments équestres en fonte de fer : les plus connus sont ceux de Jeanne d'Arc d'après l'oeuvre de
Frémiet, mais il existe aussi des statues « profanes » liées au monde de la chasse à courre (
Le Piqueur de le Nordez).
De manière anecdotique, il existerait une règle tacite tendant sans doute plus de la Légende urbaine et, dans les faits, peu suivie, qui permettrait de déterminer les conditions de la mort du cavalier : lorsque le cheval a les deux jambes avant levées, son cavalier est mort au combat, tandis que lorsque seule une jambe avant est levée, le cavalier est mort à la suite de ses blessures au combat. Si les quatre jambes touchent terre, le héros est mort naturellement.
Quelques statues équestres remarquables
Statue équestre de Marc-Aurèle, place du Capitole à Rome
La statue équestre de
Marc-Aurèle est sans doute la statue équestre la plus célèbre, et aussi la plus ancienne, la seule de la Rome antique qui soit parvenue jusqu'à nous. Reposant sur trois pieds, le cheval et son cavalier de bronze, démontrent la maîtrise des fondeurs antiques. La statue était à l'origine entièrement dorée. Celle que l'on admire de nos jours est en fait une parfaite réplique, l'original étant conservé à l'abri de la corrosion dans les salles du
Musée du Capitole.
Une représentation de la statue a été choisie par le gouvernement italien pour figurer sur la pièce de 50 centimes d’Euro.
Pour la petite histoire cette statue a survécu à la fonte car les Chrétiens, qui démantelèrent tous les bronzes de Rome, croyaient qu'il s'agissait de la statue de Constantin Ier, premier Empereur Chrétien.
Donatello (1386-1466) réalise cette statue très inspirée de celle de Marc-Aurèle. C'est la première statue équestre depuis l'antiquité. Le Condottiere Gattamelata est vêtu à l'antique et monte un lourd cheval, cependant les parfaites proportions de l'ensemble constitueront pour longtemps un modèle pour les statues équestres à venir. La statue est sur la Piazza del Santo à Padoue.
OEuvre du sculpteur florentin Andrea Del Verrocchio (1435-1488), la statue est une commande de la République de Venise. Le Condottiere (chef des compagnies de mercenaires), laissa à sa mort, toute sa fortune à Venise, à condition qu'une statue à sa gloire soit érigée sur la
place Saint Marc. Finalement la statue fut déposée devant la
scuola Saint-Marc. Elle a été réalisée entre 1479 et 1488, c'est la dernière oeuvre de Verrocchio. L'expression volontaire et farouche du Condottiere et le mouvement fougueux du cheval rendent l'ensemble majestueux. Cette statue est considérée comme l'un des plus grands chefs d'oeuvre de la statuaire mondiale.
Cosme Ier de Médicis, à Florence
Statue en bronze de
Jean Bologne, place de la Signoria.
Philippe III à Madrid
La statue équestre de Philippe III est une oeuvre de jeunesse créée par
Pietro Tacca (1577-1640) en collaboration avec son maître
Jean de Bologne (1529-1608). Le roi reste assez hiératique dans une composition qui rappelle encore la Renaissance et est très inspiré de la statue de Marc-Aurèle, même attitude du cavalier et du cheval. Elle se trouve sur la Plaza Mayor de Madrid.
Philippe IV à Madrid
OEuvre maîtresse du même
Pietro Tacca, cette statue gigantesque, quatre fois plus que nature, est un chef-d'oeuvre de virtuosité. C'est une des première statue équestre présentant un cheval cabré, la fluidité de la statue est surprenante : elle semble s'exonérer des lois de la gravité. Pietro Tacca a recours à une astuce pour garantir l'équilibre de son oeuvre en faisant reposer la masse de bronze sur trois appuis : les pattes arrière du cheval, mais aussi la queue de l'animal, qui touche le socle.
La statue est érigée sur la Plaza de Oriente près du Palais royal à Madrid.
La photo ci-contre représente la statue en bronze du Roi-Soleil de la cour d'honneur, qui a été érigée en 1837 dans le cadre des travaux de réfection prescrits par Louis-Philippe Ier. Sur place, on peut d'ailleurs constater que les statues du cheval et du roi ont des proportions légèrement différentes. La statue a récemment quitté la cour du château de Versailles pour les ateliers de restauration. À son retour, Louis XIV et son cheval devront trouver un nouvel emplacement pour se poser, car l'ancien sera occupé par la grille royale en cours de restitution. La question du furtur emplacement de la statue a fait couler beaucoup d'encre et n'a pas encore fini !
Il existe par ailleurs à Versailles une autre statue équestre, commandée par Louis XIV en 1671 au célèbre sculpteur et architecte Gianlorenzo Bernini dit le Bernin (1598 -1680). Celui-ci la réalise en marbre et la livre en 1677 pour occuper le centre de la cour d'honneur de Versailles, mais elle déplaît au roi qui préfère le style classique et la trouve trop baroque. Elle sera par la suite transformée en Marcus Curtius et placée près de la pièce d'eau des Suisses dans les jardins de Versailles. En 1988, une réplique en Plomb sera exécutée par les fonderies Coubertin et est placée dans la cour Napoléon du Louvre. En 2005, cette statue équestre remarquable a été transférée par la société Bovis vers son nouveau lieu d'exposition, à l'orangerie du château.
Une première statue en pieds de Louis XIV, due à
Martin Desjardins et érigée à cet emplacement sera enlevée et fondue pour produire des canons en
1792. Pour réparer cette perte, Louis XVIII commande une nouvelle statue au sculpteur François Joseph Bosio (1768 -1845). La statue est inaugurée le 25 août
1828.
Bosio, qui s'est inspiré de la statue de Philippe III, représente le Roi Soleil en empereur romain sur un cheval cabré dans un pur style baroque. Sur le socle de la statue, des bas-reliefs en bronze illustrent le passage du Rhin par les troupes françaises et l'institution de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis par Louis XIV en 1693. La statue est visible de nos jours au centre de la place.
La statue qui trône au centre de la célèbre place est une oeuvre du sculpteur lyonnais François-Frédéric Lemot qui la réalisa en
1825 pour remplacer celle détruite pendant la révolution. Cette statue fut coulée à
Paris et transportée à
Lyon, en douze jours, sur un attelage trainé par vingt-quatre chevaux. Elle fut payée 373 750 francs. L'entrée de la statue dans la ville fut une occasion de fêtes qui attirèrent un grand concours de spectateurs. On discuta, on écrivit beaucoup au sujet des inscriptions à placer sur le
Piédestal. L'Académie de
Lyon s'en mêla. L'inauguration eut lieu le
3 novembre 1826, veille de la fête de
Charles X. Une tribune en forme de cirque, très élégamment décorée, avait été construite pour recevoir les autorités et les principaux habitants de
Lyon. Des médailles commémoratives de la cérémonie furent distribuées en grand nombre. Une particularité de cette statue est le chevauchement
à la romaine (sans étriers) du cavalier.
En 1848, elle faillit connaître le même sort que la statue précédente mais les nouveaux révolutionnaires se contenteront finalement d'effacer la dédicace en Latin.
Une nouvelle fois, en 1871 il fut question de l'enlever de la place. Elle y resta, anonyme, les Lyonnais la nomment « le cheval de bronze ».
C'est avec le bronze récupéré de la statue du général Desaix déboulonnée de la
Place des Victoires, la statue de Napoléon de la
Colonne Vendôme et celle de la colonne de
Boulogne-sur-Mer qu'est réalisée une copie de la statue de
Henri IV détruite à la Révolution. Louis XVIII commande la statue à François-Frédéric Lemot qui la recrée d'après des gravures ; elle est inaugurée en
1818. Le fondeur était, dit-on, bonapartiste, et aurait caché dans la statue une statuette de
Napoléon. Effectivement, la restauration réalisée récemment permit de découvrir 4 boîtes en plomb qui contenaient les documents officiels et des médailles de l'inauguration et 3 petites boîtes inattendues contenant des documents dont la teneur n'a pas été révélée.
De Bure, dans son édition de 1836 nous apprend que: La Henriade qui fut publiée en 1785 en 2 vol. in-8° par l'imprimerie de la Société littéraire typographique sous le titre de 'la Henriade, poème, suivie de notes et de variantes', trente exemplaires de cette édition ont étés tirés sur vélin et que l'un d'eux a été placé, en 1818, dans le ventre du cheval de la statue équestre d'Henri IV, rétablie cette même année (le 25 Août 1818) sur le terre-plein du Pont-Neuf à Paris.----
Cette statue en marbre blanc, oeuvre de
Jean-Pierre Cortot et
Louis Dupaty, a été installée en
1825 en remplacement de celle détruite à la Révolution.
Statue équestre de Pierre le Grand à Saint-Pétersbourg
Due au sculpteur français Falconet, cette statue, connue sous le nom de « Le Cavalier de bronze », fut érigée sur un socle monolithique de 1250 tonnes (voir article
Mégalithe). Elle fut inaugurée par Catherine II en 1782.
Représente le Maréchal Joukov sur un cheval à l'
Amble.
Les statues équestres disparues
La Révolution française a ordonné la destruction de la quasi-totalité des grandes statues de bronze royales à travers la France pour récupérer le bronze précieux afin de fondre des canons et aussi pour abattre les symboles de la monarchie.
La première statue d'Henri IV sur le pont Neuf
Cette statue, commandée par
Marie de Médicis vers 1605, devait être exécutée à
Florence par
Jean de Boulogne, mais celui-ci décède et c'est son élève, François Franqueville qui la termine enfin en 1613. Elle est envoyée en France par mer, mais le bateau fait naufrage au large de la
Sardaigne. Il fallut attendre encore un an pour repêcher la statue qui est enfin érigée le
23 août 1614. La statue est détruite et refondue à la Révolution. C'était la première statue équestre en bronze d'un monarque français.
Cette statue, sera érigée en
1699 sur la place Louis Le Grand, aujourd'hui
Place Vendôme. C'était une statue monumentale de 6,5 mètres de hauteur, le chef-d'oeuvre du sculpteur. Elle a été détruite durant la Révolution française. Une fonte en miniature est visible au
Musée du Louvre.
La première statue de Louis XIV, place Bellecour
La place Bellecour subit à la fin du règne de Louis XIV un renouveau urbanistique et est baptisée place Louis le Grand. Une statue équestre, oeuvre de
Martin Desjardins, y est installée en
1713. Sur son socle des bas-reliefs représentent
le Rhône et
la Saône, ils ont été sauvés de la destruction et conservés à l'
hôtel de ville pendant de longues années avant d'être réinstallés de part et d'autre du piédestal de la nouvelle statue de 1952. Mais de la statue il ne reste rien et la place entière sera détruite pour punir Lyon de sa résistance anti-révolutionnaire.
La première statue de Louis XIII, place des Vosges
C'est Richelieu qui commanda en
1639 cette statue de bronze pour occuper le centre de la place Royale (rebaptisée en 1800
place des Vosges) afin d'y empêcher les duels fréquents qui s'y déroulaient. Lors de la révolution, elle sera détruite pour récupérer le bronze afin de fondre des canons.
La première statue de Louis XIV à Montpellier
Cette statue avait été dessinée par Jules Hardouin-Mansart et était une magnifique oeuvre en bronze de 450 quintaux. Elle fut érigée au Peyrou le 27 février 1718 et placée sur un piédestal en marbre de
Carrare de 6 mètres de haut sur lequel a été gravée une inscription en latin : «Les États du Languedoc ont voté ce monument à Louis Le Grand de son vivant et l'ont érigé après sa mort en 1718». La statue fut abattue le 2 octobre 1792 et les débris envoyés à Lyon pour être échangés contre huit canons destinés à armer la milice provinciale.
La statue de Jeanne d'Arc à l'ancien évêché d'Orléans
Cette statue équestre d'Armand Le Véel, élève de Rude, a été détruite et fondue par les Occupants en 1941. Seule la tête de Jeanne a pu être sauvée.
Projets remarquables de statues équestres
En
1482,
Ludovic Sforza duc de Milan, proposa à Léonard de Vinci de construire la plus grande statue équestre du monde : un monument à la gloire de son père François Ier Sforza. Après presque 16 années d'études, Léonard termina la construction du modèle, mais n'eut jamais l'occasion de la réaliser en bronze. En
1999, en s'inspirant de ce projet, deux reproductions du cheval uniquement furent créés. Un exemplaire du
Cheval de Léonard se trouve à Milan et l'autre à Grand Rapids au
Michigan.
Autres statues équestres
- Louis XII, dans la Porterie du Château de Blois.
- Duc Antoine de Lorraine, dans la Porterie du Palais Ducal de Nancy.
- Clélie : Héroïne romaine du début de la République eut droit, selon Tite-Live, à une statue équestre sur la Voie sacrée.
- Statue équestre de Vercingétorix à Clermont-Ferrand est l'oeuvre de Frédéric-Auguste Bartholdi, inaugurée en 1903, Place de Jaude.
- Charlemagne et ses Leudes, Parvis de Notre-Dame à Paris. OEuvre des frères Charles et Louis Rochet, installée en 1882.
- Étienne Marcel, bronze 1882, par Jean-Antoine-Marie Idrac, près de l'Hôtel de ville de Paris.
- Connétable Anne de Montmorency au Château de Chantilly, statue de Paul Dubois (1886).
- Louis XIV, promenade du Peyrou à Montpellier seconde statue (1838)
- Louis XIV, à Saint-Jean-de-Luz (1932)
- Napoléon Ier, place de l'hôtel de ville à Rouen, statue de Gabriel-Vital Dubray, érigée en 1853.
- Napoléon Ier, statue à Cherbourg par Armand Le Véel érigée en 1857.
- Napoléon Ier, à La Roche-sur-Yon par Nieuwerkerke, érigée en 1854.
- Napoléon Ier, à Montereau-Fault-Yonne, commémorant la bataille de Montereau (1814). La statue est l'oeuvre du fils du général Pajol qui participa à la bataille, elle a été élevée en 1867.
- Jeanne d'Arc, statue dorée, Paris, Place des Pyramides, Emmanuel Frémiet érigée en 1874.
- Jeanne d'Arc, place Saint-Augustin à Paris
- Jeanne d'Arc, Place jeanne d'Arc à Toulouse
- La Pucelle d'Orléans, statue de Jeanne d'Arc à Orléans, place du Martroi, statue monumentale (4,4 m de hauteur), due au sculpteur Denis Foyatier et inaugurée en 1844.
- Jeanne d'Arc à Vaucouleurs, place de l'Hôtel-de-Ville (transportée depuis Alger en 1964).
- Jeanne d'Arc à Caen, statue dorée, place de la Résistance. Elle a été fondue à Oran (Algérie) en 1931 et rapatriée après l'indépendance.
- Bertrand du Guesclin, statue érigée en 1902 à Dinan et due au sculpteur Emmanuel Frémiet
- Connétable Arthur de Richemont, statue en bronze devant la mairie, à Vannes
- Godefroy de Bouillon, statue de la place Royale à Bruxelles
- Bismarck, statue à côté de la cathédrale de Brême.
- Henri Guisan, statue au bord du lac Léman à Ouchy (Lausanne) en Suisse et due à Dänninger.
- Ferdinand Foch, statue à Tarbes, par Firmin Michelet, 1935.
- Ferdinand Foch, statue à Cassel, lieu de son quartier général d'octobre 1914 à avril 1915.
Notes et références